Ayant fortement gagné en popularité depuis sa création et avec près de 22 millions d’utilisateurs, Twitter n’a pas échappé aux politiciens qui ont été nombreux à adopter cet outil. Depuis ses débuts en 2006 à aujourd’hui, où en sont rendu nos politiciens avec leurs stratégies de marketing politique sur Twitter?

Nos politiciens et Twitter États-Unis - Royaume-Unis - France - Canada
Gouvernement américain

Twitter - Gouvernement américain
Le gouvernement américain est considéré comme le plus avancé dans le domaine du marketing politique sur le web. Avec plus de 60 membres du Congrès sur Twitter et une présence très marquée des candidats à la course à la présidence de 2008, Twitter occupe bel et bien une place de choix dans la stratégie politique des politiciens américains.
Avec près de 2 000 000 “followers” sur Twitter, Barack Obama est la personnalité politique la plus suivie sur le web et figure dans le top dix des personnes les plus populaires sur l’ensemble du réseau Twitter. Cet engouement démontre surtout un effet de popularité, car, avec seulement un peu plus de 300 tweets depuis la création du compte en mars 2007 à aujourd’hui, le 44e président des États-Unis reste très peu actif sur cette plate-forme.
Son ancien rival à la course à la présidence n’est pas en reste non plus. Avec plus de 1 100 000 “followers”, le sénateur John McCain est la seconde personnalité politique en fonction la plus suivie.
Et, pour ceux qui désireraient suivre les politiciens américains sur Twitter, Tweetcongress.org est la référence. Ce site regroupe l’ensemble des politiciens actifs sur Twitter. Il permet de voir qui sont les politiciens les plus actifs en plus de pouvoir trouver les politiciens selon votre région. Et, pour chaque Tweet, on retrouve un marqueur qui indique leur allégeance (démocrate ou républicain) et l’acronyme de leur région.
Voici les comptes à suivre pour la politique américaine :
@BarackObama
@WhiteHouse
@SenJohnMcCain
@tweetcongress
Gouvernement britannique

Twitter - Gouvernement britannique
Le gouvernement britannique en a surpris plus d’un en sortant un guide de 20 pages expliquant comment utiliser Twitter à l’usage des départements du gouvernement britannique. Ce guide démontre bien la volonté de ce gouvernement de vouloir diffuser leurs messages politiques par ce nouveau média.
Dans l’ensemble, plusieurs politiciens britanniques utilisent ou détiennent un compte Twitter. D’ailleurs, les trois plus importants partis politiques soit le Parti Travailliste, le Parti Conservateur et les Démocrates Libéraux ont tous un compte Twitter. Le plus populaire étant le Parti Conservateur qui, avec plus de 11 500 “followers”, dépasse largement le Parti Travailliste au pouvoir qui compte plus de 5 500.
À noter l’absence du premier ministre Gordon Brown et David Cameron sur ce média. Décevant, sachant qu’il existe des comptes non officiels forts populaires les représentant. Près de 5 000 “followers” pour le faux compte de David Cameron et près de 4 000 pour celui de Gordon Brown.
Pour les autres politiciens, bien que la tendance soit d’avoir un compte Twitter, très peu sont actifs ou suivis. La majorité ont environ 300 “followers” et une centaine de “Tweets”. Un politicien ressort avec plus de 3000 “followers” et plus de 1 300 tweets. Il s’agit de James Moyies un candidat pour le Parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni.
Et, pour ceux qui désirent suivre l’ensemble des politiciens et partis politiques britanniques, Tweetminster recense l’ensemble des comptes Twitter. Ce site permet de réaliser un suivi sur l’ensemble des politiciens ou de se concentrer sur un seul parti. Il intègre aussi un Tweetometer qui permet de connaître les tendances du jour.
Quelques comptes Twitter britanniques à suivre :
@UKLabour
@Conservatives
@libdems
@JamesMoyies
@tweetminster
Gouvernement français

Twitter - Gouvernement français
Les ministres français ont commencé à s’intéresser en grand nombre à Twitter. On dénote toute foi, une incohérence avec Nicolas Sarkozy président de la France, qui compte être plus présent sur les médias sociaux, mais ne tiens pas à adopter Twitter. Selon les propos de M. Louvrier, conseiller en communication de Sarkozy, rapporté par Les Echos :
« Il faut être crédible, tout le monde sait qu’il n’aurait pas le temps lui-même de fournir de la vidéo. »
Pourtant, dans l’immédiat, seuls de faux comptes existent. Et, entre un faux ou un vrai compte alimenté par des relationnistes, le choix devrait être évident.
Pour ce qui est des autres politiciens, certains ne comptent que très peu de tweets et ne font qu’émettre du contenu que l’on retrouve déjà sur leurs sites. Mais d’autres arrivent tout de même à être très actifs et populaires sur Twitter. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, est la plus surprenante sur ce média. Avec plus de 7 000 “followers” elle est la politicienne française la plus suivie et l’une des plus actives. Elle est considérée comme la vedette des médias sociaux.
On compte aussi M. Alain Lambert, ancien ministre du Budget et Sénateur de l’Orne, et M. Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, qui utilisent avidement Twitter. Tous ses gens ont un grand mérite, car, en plus de soumettre beaucoup de contenu, ces comptes sont alimentés par leurs propres détenteurs et non par un relationniste. De plus, il est possible d’interagir avec eux afin d’avoir leurs opinions ou d’émettre votre opinion et d’obtenir une réponse selon la pertinence de vos propos.
D’ailleurs, ses trois personnalités publiques ont su faire preuve d’initiative avec Twitter en participant à un débat politique organisé par L’Express. Les trois politiciens les plus actifs sur Twitter étaient invités à répondre aux Internautes par ce média. Malheureusement, cette initiative n’a pas remporté le succès escompté dû aux trop grands nombres de tweets qu’y en rendait la lecture très difficile.
Les comptes Twitter des politiciens français à suivre :
@nk_m
@alainlambert
@benoithamon
Gouvernement canadien

Twitter - Gouvernement canadien
L’ensemble des principaux chefs de partis se retrouve sur Twitter à l’inverse de leurs partis qui y sont absents. On retrouve donc le premier ministre du Canada Stephen Harper qui détient deux comptes. L’un en anglais @pmharper qui est suivi par plus de 17 000 “followers” et qui fait de lui l’homme politique canadien le plus populaire sur ce média. Son autre compte, en français @premierministre, fait bien piètre figure avec un peu plus de 500 “followers”. À noter que les deux comptes “tweet” la même information.
Les chefs de deux des trois autres partis jouent du coude avec un peu plus de 10 500 “followers” pour Micheal Ignatieff, chef du parti Libéral et plus de 9 500 “followers” pour Jack Layton, chef du Nouveau Parti Démocratique. Layton étant le plus actif avec plus de 300 tweets comparativement à moins de 200 pour les autres chefs de parti.
Ensuite vient Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois qui compte un peu plus de 2 000 “followers”. Cet écart s’explique par le fait que ce parti ne défend que la province du Québec et par le faible taux d’adoption de Twitter dans cette province.
L’ensemble de ces comptes, bien que populaires, n’est pas alimenté par leurs chefs, mais par des relationnistes à l’image du compte de Barack Obama. Ainsi, il reste très peu probable que vous puissiez interagir avec l’un de ses politiciens grâce à Twitter. Cette gestion pose parfois des problèmes tel le compte de Jack Layton qui suit automatiquement @StopLouiseHarel qui contient des propos haineux envers Mme Harel, candidate aux élections de la Ville de Montréal. Et, ce malgré les avis négatifs de plusieurs internautes à ce propos.
Quelques comptes Twitter canadiens à suivre :
@pmharper
@m_ignatieff
@jacklayton
@gillesduceppe
Conclusion
Dans l’ensemble, Twitter est un média très répandu dans la sphère politique. On dénote toutefois que la majorité de ces comptes sont peu exploités, qu’ils sont majoritairement mis à jour par des relationnistes plutôt que par leurs réels détenteurs et que trop souvent ils ne servent qu’à émettre du contenu déjà visible sur leurs sites. Étant mal exploité, il en devient impossible d’interagir avec leurs détenteurs et leurs comptes s’en trouvent alors dépersonnalisés.
Fait à noter que les comptes réussissant le mieux sur Twitter sont souvent ceux de ministres, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, qui l’alimentent par eux-mêmes et qui apportent du contenu diversifié et divertissant tout en interagissant avec les autres membres du réseau. Et, à l’inverse, les gros comptes comme @BarackObama sont majoritairement suivis pour signifier son appuis au candidat.
Mais, malgré le nombre grandissant d’utilisateurs, Twitter reste un outil marginal qui est employé par une très faible proportion de gens.
Et, si l’on se fie à Twellow, il y aurait près de 95 000 Twitters qui se sont déclarés Canadiens et, en France, ils seraient environ 126 000. Or, avec un si faible taux de pénétration d’environ 0,3% pour le Canada et la France, nos politiciens ont-ils réellement intérêt à s’investir dans ce média?
Et, n’oubliez pas de me suivre sur Twitter ![]()
@pdallaire
À lire aussi:

For a Canadian version of Tweetcongress or minister, check out http://politwitter.ca/ which includes a directory of all federal and provincial Canadian politicians on Twitter.